Aurores
Les aurores boréales à Ylläs
Les aurores boréales sont l’une des principales raisons de venir en Laponie finlandaise, mais les voir n’est jamais garanti. À Ylläs, les ciels sombres, la nature sauvage autour et l’accès facile à des paysages ouverts en font un endroit particulièrement bon pour les chercher. Le plus important, toutefois, n’est pas de trouver un spot magique. Il faut un ciel clair et assez d’activité d’aurore en même temps.
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Pourquoi Ylläs est un bon endroit pour voir les aurores boréales
Ylläs est un excellent endroit pour voir les aurores boréales, non pas parce qu’il garantirait de meilleures aurores qu’ailleurs en Laponie, mais parce qu’il combine ciels sombres, nature sauvage et accès facile. Vous pouvez séjourner à Äkäslompolo ou Ylläsjärvi et quand même rejoindre des lieux avec très peu de lumière artificielle. Lacs ouverts, paysages de fells et nature sauvage autour donnent beaucoup d’espace pour voir le ciel sans avoir à aller loin.
Vous n’avez pas toujours besoin de quitter le village non plus. Par nuit claire, les aurores peuvent parfois se voir directement depuis l’hébergement. Les lampadaires sont aussi éteints d’octobre à mars à 22 h, ce qui aide les villages à rester relativement sombres la nuit. En vous éloignant des lumières les plus fortes, toutefois, la différence peut être étonnamment grande. Sous un vrai ciel noir, une aurore puissante peut remplir le paysage de couleur, avec forêts enneigées et fells qui s’étendent en dessous.
Vous n’avez pas besoin d’un belvédère secret. Il faut de l’obscurité, un ciel ouvert et les bonnes conditions.
Quand peut-on les voir ?
Il n’y a pas un seul meilleur mois pour les aurores boréales à Ylläs. La saison des aurores est bien plus longue que la saison d’hiver. Elles peuvent se voir du début de l’automne jusqu’à la fin du printemps, essentiellement dès que le ciel est assez sombre. Pour un séjour d’hiver, toutefois, décembre à mars est une excellente période : longues nuits, paysages enneigés et vraies conditions d’hiver. L’activité des aurores dépend du Soleil, tandis que vos chances de les voir dépendent surtout de la météo. En pratique, un ciel clair compte plus que presque tout le reste.
Décembre et janvier
Les nuits sont les plus longues, ce qui donne beaucoup d’obscurité. En décembre, il peut déjà faire vraiment nuit vers 16 h–17 h, donc une aurore peut apparaître étonnamment tôt en soirée. L’inconvénient, c’est que la météo peut être plus instable, avec davantage de nuages.
Février et mars
Les jours s’allongent nettement, donc il y a moins d’obscurité, mais la météo est souvent plus favorable. La fenêtre d’observation se décale aussi plus tard dans la soirée. En mars, il peut falloir attendre nettement plus tard pour que le ciel soit vraiment noir.
N’attendez pas une heure précise
Il n’y a pas d’heure où les aurores sont garanties. S’il fait nuit et que les conditions sont bonnes, elles peuvent devenir visibles à n’importe quel moment de la nuit.
Notre conseil est simple : gardez un œil sur le ciel tout au long du séjour. Ne sortez pas seulement quand une appli dit qu’il y a une forte chance. Certaines des plus belles apparitions arrivent des soirs qui semblaient d’abord tout à fait ordinaires.
Qu’est-ce qui joue sur vos chances ?
Quatre choses comptent le plus quand on cherche les aurores boréales.
1. Les nuages
C’est le plus important. Vous pouvez avoir une prévision d’aurore parfaite, mais si le ciel est entièrement couvert, vous ne verrez rien. Une aurore modeste sous un ciel clair est bien plus utile qu’une prévision spectaculaire cachée derrière les nuages.
2. L’activité des aurores
C’est là qu’on entend souvent parler de l’indice KP. Le KP est utile comme indication générale de l’activité géomagnétique, mais il ne dit pas tout. La visibilité des aurores est plus complexe que d’attendre simplement un KP élevé. On peut tout à fait voir les aurores à Ylläs quand l’indice KP est bas. Ne chassez pas le chiffre KP. Regardez l’ensemble.
3. L’obscurité
Le ciel doit être assez sombre pour que l’aurore se détache. C’est pourquoi les aurores sont surtout une expérience d’hiver à Ylläs, même si la saison s’étend bien au-delà des mois les plus sombres.
4. La lune
La lune ne vous empêche pas de voir les aurores. Une lune brillante peut même rendre un paysage enneigé magnifique sous une aurore. Mais sans clair de lune, les aurores faibles et les étoiles se voient plus facilement.
Où les voir à Ylläs
La règle de base est simple : trouvez un ciel clair, une vue ouverte et le moins de lumière artificielle possible. Vous n’avez pas forcément besoin d’un spot célèbre. À Ylläs, il y a beaucoup d’endroits d’où bien voir le ciel.
Les lacs
Les lacs gelés autour d’Ylläs sont parmi les endroits les plus simples pour une vue large et dégagée. Le lac Äkäslompolo, le lac Ylläsjärvi et le lac Kesänkijärvi peuvent tous être de bons lieux pour regarder les aurores, surtout quand on veut s’éloigner des lumières les plus fortes sans s’enfoncer dans la nature sauvage. Le paysage ouvert rend aussi les lacs particulièrement atmosphériques par nuit claire, avec les fells et les forêts enneigées qui encadrent le ciel.
Les fells
Kuertunturi et Kesänki peuvent offrir des vues spectaculaires sur le paysage autour, avec très peu d’obstacles vers le ciel. Toutefois, nous ne recommandons pas de monter sur un fell la nuit, sauf si vous connaissez déjà très bien le terrain. La navigation d’hiver est très différente dans le noir, surtout quand la visibilité change ou que la météo se lève.
Trouver un ciel ouvert
Parfois, le meilleur endroit est simplement un lieu avec une vue claire sur le ciel, peu de pollution lumineuse et une bonne ouverture vers le nord. C’est particulièrement utile quand l’aurore est faible, car les premiers signes peuvent apparaître bas sur l’horizon nord. Quand l’activité augmente, toutefois, l’aurore peut s’étendre sur tout le ciel. Vous n’avez pas forcément envie d’être au fond de la forêt. Les arbres enneigés sont beaux, mais la nuit ils peuvent cacher une part étonnamment grande du ciel.
Et souvenez-vous : l’aurore se passe à des centaines de kilomètres au-dessus de vous. Vous n’avez pas besoin d’être pile sous un belvédère pour la voir. La priorité, c’est de trouver un morceau de ciel clair.
À quel point les aurores doivent-elles être fortes ?
C’est l’une des choses que la plupart des prévisions d’aurores expliquent mal. On peut voir les aurores même quand l’activité est relativement faible, mais l’expérience peut être complètement différente selon leur intensité.
Aurore faible
Une aurore faible peut être étonnamment difficile à reconnaître à l’œil nu. Au lieu d’un vert vif, elle peut ressembler davantage à un nuage grisâtre ou légèrement blanchâtre dans le ciel nocturne. On la confond facilement avec un nuage ordinaire, jusqu’à ce qu’on remarque qu’elle change lentement de forme ou qu’elle bouge. On voit bien que quelque chose se passe dans le ciel, mais les couleurs et le mouvement peuvent être très subtils.
Aurore modérée
Quand l’activité augmente, le vert devient clairement visible à l’œil nu. L’aurore peut apparaître en larges bandes ou rideaux verts à travers le ciel, avec un peu de mouvement, même s’il reste relativement lent et subtil. Sous un ciel sombre, c’est déjà une belle expérience. On voit la couleur, on suit le mouvement, et on mesure vraiment l’ampleur du spectacle.
Aurore forte
Puis il y a les nuits où tout change. Une aurore forte peut danser, onduler et exploser à travers le ciel. Le vert devient beaucoup plus vif, le mouvement plus rapide, et le spectacle peut s’étendre sur une grande part du ciel. Quand l’activité est assez forte, vous pouvez aussi voir du violet, du pourpre et parfois du rouge de vos propres yeux. C’est le genre de spectacle auquel on pense en parlant d’aurores boréales, et quand ça arrive au-dessus d’un paysage de Laponie complètement sombre, c’est vraiment spectaculaire.
L’essentiel
Ne jugez pas une aurore uniquement à l’indice KP. Une nuit à KP bas avec un ciel clair peut donner une aurore parfaitement visible, tandis qu’une prévision à KP élevé sous une épaisse couche de nuages ne vous montrera rien. Couverture nuageuse, obscurité et activité réelle des aurores doivent se rencontrer.
Faut-il une excursion aurores ?
Non. On peut tout à fait voir les aurores boréales par soi-même. En réalité, beaucoup d’excursions aurores ne consistent pas vraiment à trouver l’aurore. Les lumières peuvent couvrir d’énormes portions de ciel, donc rouler une heure plus loin ne vous en rapproche pas forcément. Ce que ces sorties font souvent, c’est chercher un ciel plus clair.
Si les prévisions montrent des nuages autour d’Ylläs mais un ciel plus dégagé ailleurs, avoir un véhicule et savoir où aller peut faire une vraie différence. Un guide local peut aussi suivre la couverture nuageuse, l’activité des aurores et les conditions locales, puis choisir un lieu avec un bon mélange de ciel clair, d’obscurité et de vue dégagée. Mais vous n’avez pas besoin d’une excursion chaque soir.
Si vous y allez par vous-même, évitez les erreurs de base : ne vous arrêtez pas sur la route pour regarder les lumières, ne partez pas de nuit sur un terrain que vous ne connaissez pas, et habillez-vous pour rester immobile. Un paysage familier peut paraître très différent dans le noir complet, surtout en hiver.
Le plus grand atout d’un guide local n’est pas d’avoir un spot secret. C’est de savoir quand et où aller. Et parce que les sorties aurores sont souvent combinées à une autre activité d’hiver, l’aurore n’a pas à être la seule raison de sortir.
Une sortie nocturne en raquettes ou à ski, par exemple, peut déjà être une expérience extraordinaire dans le paysage sombre de Laponie. Si les aurores apparaissent au-dessus de vous, elles deviennent un bonus inoubliable. C’est souvent une meilleure approche que de passer chaque soir les yeux rivés sur une appli aurores en attendant la prévision parfaite.
Un peu de science : qu’est-ce que les aurores boréales ?
Les aurores boréales, ou aurora borealis, sont causées par des particules énergétiques du Soleil qui interagissent avec le champ magnétique et la haute atmosphère de la Terre. Le Soleil libère en permanence un flux de particules chargées appelé le vent solaire. Pendant les périodes d’activité solaire accrue, des bouffées plus fortes de particules peuvent atteindre la Terre. Le champ magnétique terrestre en guide une partie vers les régions polaires. Quand elles heurtent des gaz haut dans l’atmosphère, ces gaz libèrent de l’énergie sous forme de lumière. Des gaz et des altitudes différents produisent des couleurs différentes.
Le vert est de loin la couleur la plus courante, produite surtout par l’oxygène à des altitudes relativement élevées.
Le rouge peut aussi venir de l’oxygène, mais généralement plus haut.
Le bleu et le violet sont surtout associés à l’azote.
Quand vous voyez du vert, du pourpre ou du rouge bouger dans le ciel, vous regardez en réalité la haute atmosphère répondre à une activité qui vient du Soleil. Et c’est une part de ce qui rend les aurores si fascinantes : le spectacle que vous regardez se passe à peu près 80 à 500 kilomètres au-dessus de vous.
Folklore sámi et finlandais
Bien avant que les aurores boréales soient comprises scientifiquement, les peuples du Nord ont développé des récits et des croyances pour expliquer ces lumières étranges qui traversaient le ciel d’hiver.
Traditions sámi
Les aurores boréales s’appellent guovssahasat en sámi du Nord. Les différentes communautés sámi ont leurs propres traditions et interprétations du phénomène : il n’y a pas une seule histoire sámi des aurores. Dans certaines traditions, les lumières étaient liées aux esprits des morts et traitées avec respect. Ce n’était pas seulement un beau spectacle à regarder, mais une part d’une relation spirituelle plus large avec la nature, le ciel et le monde invisible. Certaines croyances traditionnelles mettaient aussi en garde contre le fait d’attirer l’attention des lumières, notamment en criant ou en sifflant vers elles.
Aujourd’hui, les aurores sont comprises scientifiquement, mais ces traditions rappellent que le phénomène fait partie de la vie dans le Nord bien plus longtemps que nous n’en avons compris la cause physique.
Folklore finlandais : les feux du renard
En finnois, les aurores boréales s’appellent revontulet, littéralement « feux du renard ». Selon le folklore finlandais, un renard magique courait sur les fells enneigés, balayant la neige de sa queue et envoyant des étincelles dans le ciel nocturne. L’histoire donne au phénomène un nom nettement finlandais, et reste l’un des morceaux de folklore d’aurores les plus reconnaissables en Finlande.
Que vous les voyiez comme des particules solaires, des feux du renard, ou quelque chose d’un peu plus mystérieux, se tenir sous les aurores dans l’obscurité de Laponie aide à comprendre pourquoi on raconte des histoires à leur sujet depuis des générations.
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Comment photographier les aurores boréales
Les smartphones modernes sont étonnamment bons pour photographier les aurores boréales. Si votre téléphone a un mode Nuit, utilisez-le et tenez-le le plus immobile possible. Un trépied, ou quelque chose de solide contre lequel l’appuyer, peut faire une grande différence.
Un appareil dédié capte encore plus de détail, mais il vous faudra en général :
Un trépied
Un objectif grand-angle
La mise au point manuelle sur l’infini
Une ouverture relativement grande
Un ISO d’environ 1600–6400
Un temps de pose autour de 2 à 10 secondes, selon la luminosité et la vitesse de l’aurore
Les réglages exacts dépendent beaucoup de l’appareil, de l’objectif et de l’intensité de l’aurore. Une aurore très forte et rapide peut demander une pose bien plus courte qu’une aurore faible. Et ne passez pas toute la nuit les yeux sur l’écran. Parfois, la meilleure façon de photographier les aurores, c’est de poser l’appareil et de les regarder.